"On ne
parle plus de Franquin. Sans doute considère-t-on que c'est inutile, toujours crier au
génie, quand on s'est battu pour le placer si haut qu'il est impossible de l'élever
davantage. Voici le recueil numéro onze. C'est toujours un événement. Je ne suis pas
d'accord quand on dit que Franquin s'essouffle, que son graphisme est superbe mais qu'il
n'a rien à dire. Au contraire, il me semble plutôt que Franquin développe de plus en
plus le côté fantastique et hallucinant de son oeuvre. Certaines planches de cet album
vous flanque la trouille d'au-delà, même si l'humour rattrape le réel pour le faire
rentrer dans les normes du dérisoire admis de la plaisanterie.
Franquin va de plus en plus loin, on travail accomplit à merveille, perpétuellement
distancié par le regard de l'artiste qui perd ses illusions (les signatures trafiquées
témoignent d'ailleurs, à leur manière, de cet éparpillement du moi qui semble aller
grandissant avec les années). L'oeuvre de Franquin est bien, en profondeur, une
oeuvre tragique que l'on aurait tort de mépriser.
Ce onzième album est une merveille. Lue et relue, elle distille le charme rare de
l'émotion"
critique de Yves di Mano - Les cahiers de la bande dessinée.
pages
de garde et page de titre
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